Atelier national de validation des instruments financiers pour une gestion durable des déchets aux Comores

Un atelier de validation des instruments financiers dédiés à la gestion durable des déchets s’est tenu Lundi 06 octobre au Retaj, sous l’égide du Ministère de l’Environnement et du Tourisme, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) à travers le projet ISLANDS.

Cet atelier visait trois objectifs principaux : valider techniquement et politiquement les instruments financiers proposés, renforcer l’appropriation institutionnelle autour d’une vision partagée du financement durable du secteur, et consolider les feuilles de route opérationnelles pour assurer une mise en œuvre progressive et coordonnée des réformes à venir.

Parmi les institutions présentes figuraient le Ministère des Finances, le Secrétariat général du Gouvernement, la Direction des douanes, la SONELEC, la Mairie de Moroni, le Gouvernorat de Ngazidja, l’UCCIA, l’ANPI, ainsi que plusieurs directions techniques et partenaires du développement.

Des défis majeurs pour un secteur clé

Dans son allocution d’ouverture, M. Abdourahman Ali, Secrétaire général du ministère de l’Environnement, a souligné l’urgence d’adapter le système national face à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide et à l’augmentation inquiétante des volumes de déchets.

« Cette situation exerce une pression considérable sur nos communes, nos infrastructures et notre environnement. Il est urgent de mettre en place des instruments financiers adaptés, capables de garantir la pérennité des services et de mobiliser les ressources nécessaires », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement du Gouvernement comorien pour une gestion intégrée et durable des déchets.

Des instruments financiers pour une réforme durable

Le consultant international, M. Adil Youssfi, a présenté les instruments financiers proposés, notamment l’Econatax, la redevance pour l’enlèvement des ordures ménagères (REOM) et la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP). Ces outils visent à renforcer l’autonomie financière du secteur tout en incitant à une meilleure gestion des déchets à la source.

Un tournant stratégique salué par les finances publiques

Prenant la parole, Mme Sitty Salim, Secrétaire générale adjointe au ministère des Finances, a qualifié l’atelier de « rendez-vous politique et stratégique », marquant une étape décisive vers un modèle économique durable.

« Aujourd’hui, notre système reste trop dépendant de financements extérieurs. La Stratégie Nationale de Gestion des Déchets 2030 fixe un cap clair : couvrir 30 % des besoins financiers du secteur par des ressources domestiques d’ici 2030, soit environ 13,5 millions USD. C’est cette ambition que nous devons concrétiser », a-t-elle insisté.

L’appui constant des partenaires techniques et financiers

Au nom du représentant résident du PNUD, M. Salim Abdallah, économiste national, a salué l’engagement du gouvernement et des parties prenantes :

« Le PNUD réaffirme sa disponibilité à accompagner le Gouvernement de l’Union des Comores dans la mise en œuvre des recommandations adoptées, en vue de favoriser une transition vers une gestion circulaire, inclusive et durable des déchets. »

Une dynamique nationale à poursuivre

En clôture, M. Saïd Abdallah Nayim, Directeur général adjoint de l’ANGD, remercié les participants et salué la qualité des travaux et l’engagement collectif des participants.

« Les recommandations issues de cet atelier témoignent d’une prise de conscience nationale face aux défis environnementaux. Grâce à l’appui du PNUD et du FEM, nous disposons aujourd’hui d’une base solide pour bâtir un modèle de financement pérenne et innovant », a-t-il déclaré.

Cet atelier marque ainsi une étape clé vers la construction d’un système de gestion des déchets autosuffisant, solidaire et durable, où les collectivités, le secteur privé et les citoyens seront pleinement impliqués dans la préservation de l’environnement comorien.

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