À Mohéli, une mobilisation forte contre les dangers du mercure pour protéger la santé de la population

Dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation sur les risques liés au mercure, organisée par l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGD) dans le cadre du projet ISLANDS, financé et soutenu techniquement par le GEF/PNUD, un atelier de sensibilisation s’est tenu ce vendredi 12 juin 2026 à l’hôtel Faradel de Mohéli.

Cette rencontre a rassemblé des professionnels de santé, des commerçantes de produits cosmétiques, des maquilleuses, des représentants des Affaires islamiques de Mohéli, des associations de femmes ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la protection de la santé publique et de l’environnement.

L’objectif était de sensibiliser les participants aux dangers du mercure présent notamment dans certains produits éclaircissants pour la peau et dans les amalgames dentaires, tout en encourageant l’adoption d’alternatives plus sûres.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Chef d’antenne de Mohéli, Adélaïde Hissani, qui a rappelé que la lutte contre le mercure est une responsabilité collective. Il a invité chaque participant à devenir un ambassadeur de la prévention au sein de sa famille et de sa communauté afin de réduire l’exposition de la population à cette substance toxique.

L’experte en déchets chimiques et produits dangereux, Mariama Chabani, a ensuite présenté les différentes formes sous lesquelles le mercure est utilisé dans la vie quotidienne et les risques qu’il représente pour la santé humaine et l’environnement. Elle a insisté sur l’importance d’une gestion adéquate des déchets contenant cette substance afin d’éviter la contamination des sols, des cours d’eau et des écosystèmes, rappelant que chaque geste compte dans la prévention de cette pollution invisible.

Le chirurgien-dentiste Dr Aliyasson Ahamada Said a consacré son intervention aux amalgames dentaires contenant du mercure. Il a expliqué leur composition, les précautions nécessaires lors de leur manipulation et de leur élimination, tout en présentant les alternatives modernes qui permettent de réduire progressivement l’utilisation de cette substance dans les soins bucco-dentaires. Son intervention a mis en évidence la nécessité d’adopter des pratiques plus sûres, tant pour les patients que pour les professionnels de santé.

Prenant la parole à son tour, le Major Ansufoudine Boura a mis en lumière les conséquences du mercure sur la santé publique. Il a souligné que les femmes enceintes et les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables, avec des risques pouvant aller jusqu’aux malformations congénitales et aux troubles du développement. Il a également attiré l’attention sur les mauvaises pratiques de gestion des déchets, expliquant que de nombreuses personnes jettent encore dans les rivières des emballages ou des produits contenant du mercure. Ces polluants finissent ensuite dans la mer, contaminent les poissons et les autres espèces marines avant de revenir dans nos assiettes. Les pêcheurs, en contact quotidien avec cet environnement, sont eux aussi particulièrement exposés à cette chaîne de contamination.

Elbasry Fassihou Youssouf, responsable de suivi et évacuation au DRSM a élargi la réflexion en insistant sur la dimension sociale et environnementale de cette problématique. Il a rappelé que les effets du mercure ne se limitent pas aux êtres humains mais également les animaux domestiques, la faune sauvage et les écosystèmes sont également touchés par cette pollution. Il a souligné que la protection de l’environnement est indissociable du bien-être des communautés et que préserver la biodiversité revient aussi à préserver les moyens de subsistance des populations.

De son côté, Issouf Ali Mohamed, spécialiste en prévention et contrôle des infections (PCI), a sensibilisé les participants aux effets du mercure sur la santé des femmes et des familles. À travers un témoignage marquant sur une personne ayant développé un cancer après une exposition prolongée à des produits nocifs, il a illustré les conséquences parfois dramatiques de l’utilisation de substances dangereuses et appelé chacun à privilégier des produits conformes aux normes sanitaires.

Afin de proposer des solutions concrètes, plusieurs vidéos ont été projetées au cours de l’atelier, mettant en avant des alternatives sans mercure ainsi que des produits cosmétiques biologiques fabriqués localement par le Cluster CHEC. Ces démonstrations ont montré qu’il est possible de prendre soin de sa peau tout en respectant sa santé et l’environnement.

Dans son discours de clôture, Anwadhui Mansourou Soilihi, Responsable Technique Insulaire (RTI) de Mohéli, a salué la mobilisation des participants et les a invités à poursuivre les efforts de sensibilisation dans leurs quartiers, leurs lieux de travail et leurs familles. Il a rappelé que la prévention reste le moyen le plus efficace de réduire les risques liés au mercure et de préserver durablement les ressources naturelles de l’île.

À travers cet atelier, l’Agence Nationale de Gestion des Déchets réaffirme son engagement à promouvoir des pratiques responsables et à accompagner la transition vers un environnement plus sain. La lutte contre le mercure ne concerne pas seulement les spécialistes, elle interpelle chaque citoyen, car protéger la nature aujourd’hui, c’est aussi protéger la santé et l’avenir des générations futures.

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