Pendant des décennies, les amalgames dentaires, souvent appelés « plombages gris » ont été utilisés pour traiter les caries. S’ils ont longtemps été considérés comme efficaces et durables, ces matériaux suscitent aujourd’hui de vives inquiétudes en raison de leur principal composant qui est le mercure, une substance hautement toxique pour l’homme et l’environnement.
Le mercure dans la bouche; un poison au quotidien ?
Un amalgame dentaire est composé à environ 50 % de mercure, mélangé à d’autres métaux comme l’argent, l’étain ou le cuivre. Le problème, c’est que ce mercure n’est pas totalement stable, avec le temps, la mastication, les boissons chaudes ou acides, peut libérer de petites quantités de vapeur de mercure, qui sont absorbées par l’organisme.
Or, le mercure est une neurotoxine. Il peut affecter le cerveau, le système nerveux central, les reins, et a des effets particulièrement nocifs sur les fœtus et les jeunes enfants. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît qu’il n’existe pas de seuil sûr d’exposition au mercure.
Heureusement, il existe aujourd’hui des alternatives plus sûres et tout aussi efficaces notamment:
– Les composites (résines sans mercure) qui sont esthétiques, solides, et biocompatibles, ils sont largement utilisés pour les restaurations dentaires modernes.
– Les céramiques : très résistantes et durables, bien que plus coûteuses, elles offrent un excellent rendu naturel.
– Les verres ionomères : adaptés pour les caries peu profondes, surtout chez les enfants.
Vers une interdiction progressive ?
L’Union européenne, à travers le Règlement sur le mercure, a déjà interdit l’utilisation des amalgames chez les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et allaitantes. Certains pays comme la Suède ou la Norvège sont allés plus loin en interdisant totalement leur usage.
Aux Comores et dans d’autres pays en développement, la sensibilisation est encore faible et l’usage de l’amalgame persiste, souvent en raison de son faible coût. Il devient urgent d’informer les populations, de former les professionnels à des techniques alternatives, et d’envisager une transition progressive vers des soins dentaires sans mercure.



