ANGD mobilise les acteurs communautaires pour protéger la santé des femmes et des enfants sur la lutte contre les dangers du mercure

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet ISLANDS et des engagements nationaux en matière de gestion des produits chimiques et des déchets dangereux, l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGD) avec le soutien de leur partenaire technique et financier Gef/PNUD, a organisé un important atelier de sensibilisation sur les dangers du mercure à la salle de conférence de la Direction Générale de l’Environnement et des Forêts (DGEF).

Cette rencontre avait pour objectif de renforcer les connaissances des acteurs communautaires sur les risques sanitaires et environnementaux liés au mercure, de promouvoir des comportements responsables face aux produits contenant cette substance toxique et d’encourager l’adoption d’alternatives plus sûres, notamment dans le domaine des produits cosmétiques et des soins de santé.

L’atelier a réuni un large éventail d’acteurs influents de la société comorienne notamment, un dermatologue, chirurgien bucco-dentaires, des Points Focaux de Contrôle et Prévention des Infections (PCI), des agents de la douane, des oulémas, des associations de femmes, des enseignants des écoles coraniques ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales.

Par leur présence, ces acteurs ont joué un rôle essentiel dans la diffusion des messages de prévention. Les professionnels de santé ont apporté un éclairage scientifique sur les effets du mercure, tandis que les oulémas et les enseignants des écoles coraniques ont été appelés à relayer ces messages au sein des mosquées et des communautés. Les associations féminines et les ONG, quant à elles, constituent des relais de proximité indispensables pour sensibiliser les femmes et les familles aux risques liés à l’utilisation de certains produits contenant du mercure.

L’ouverture officielle et la clôture des travaux ont été assurées par le Directeur Général Adjoint de l’ANGD, M. Said Abdallah Nayim, qui a salué la forte mobilisation des participants et rappelé l’importance de protéger les populations les plus vulnérables contre les effets néfastes du mercure.

Des interventions scientifiques pour mieux comprendre les risques

La première présentation a été assurée par Mme Mariama Chabani, experte en produits chimiques et déchets dangereux. Elle a expliqué les différentes sources d’exposition au mercure ainsi que ses impacts sur la santé humaine et l’environnement.
« Le mercure est un polluant silencieux. Une exposition répétée, même à faible dose, peut provoquer des troubles neurologiques, rénaux et affecter durablement le développement des enfants », a-t-elle expliqué, appelant à une vigilance accrue concernant les produits du quotidien susceptibles d’en contenir.

Le Dr Tadjir, dermatologue, a ensuite présenté les conséquences de l’utilisation de produits cosmétiques éclaircissants contenant du mercure. Il a alerté les participants sur les nombreuses complications dermatologiques observées chez certaines utilisatrices.
« Derrière la promesse d’une peau plus claire se cachent parfois des lésions cutanées irréversibles, des infections et des risques importants pour la santé générale », a-t-il souligné.

La troisième intervention a été assurée par Mme Iliassa Kamaria, Point Focal PCI à Ngazidja, qui a mis l’accent sur les dangers spécifiques du mercure pour les femmes.
Elle a rappelé que les femmes enceintes et allaitantes constituent l’une des catégories les plus exposées, le mercure pouvant être transmis au fœtus ou au nourrisson et compromettre leur développement.
« Protéger les femmes contre l’exposition au mercure, c’est également protéger les générations futures », a-t-elle insisté devant l’assistance.

L’accent mis sur les amalgames dentaires

La question des amalgames dentaires a également été abordée par Mme Hadjira, chirurgienne bucco-dentaire et présidente de l’Association Sourire pour Tous.
Son intervention a permis de sensibiliser les participants aux risques potentiels liés à l’utilisation du mercure dans certains amalgames dentaires, en particulier chez les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Grâce à son expertise, les participants ont mieux compris les enjeux sanitaires liés à cette pratique et l’importance d’encourager progressivement des alternatives plus sûres dans le domaine de la santé bucco-dentaire.
« La prévention commence par l’information. Les patients doivent être informés des différentes options disponibles afin de faire des choix éclairés pour leur santé », a-t-elle déclaré.

Promouvoir les alternatives locales

Pour clôturer les présentations techniques, M. Mahamoud Aboudou, président du Cluster CHEC, a mis en avant les alternatives locales et biologiques aux produits cosmétiques contenant des substances dangereuses.
Son intervention a démontré qu’il existe aux Comores un potentiel important pour développer des produits naturels valorisant les ressources locales tout en protégeant la santé des consommateurs.
« Nos plantes, nos huiles et nos savoir-faire traditionnels constituent de véritables alternatives. Il est possible de prendre soin de sa peau sans mettre sa santé en danger », a-t-il affirmé.

Des témoignages porteurs d’espoir

Les échanges ont également été marqués par plusieurs témoignages illustrant l’importance de cette initiative.
Pour Assoumani Maoulida, représentant des oulémas, les informations reçues permettront de renforcer les actions de sensibilisation au sein des communautés religieuses.
« Je salue cette initiative. Aujourd’hui, nous repartons avec des connaissances précieuses et des réalités scientifiques que nous pourrons partager dans nos mosquées. Beaucoup ignorent encore les dangers cachés derrière certains produits éclaircissants. En tant que guides religieux, nous avons la responsabilité de protéger nos communautés en diffusant des messages fondés sur la vérité et la préservation de la santé. »

De son côté, M. Said Ibrahim, représentant de l’ONG Madjouwani Green de Mbéni, a plaidé pour une approche plus globale de la sensibilisation.
« Ce phénomène ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des années, de nombreuses femmes utilisent ces produits malgré les risques connus. Au-delà de l’information, nous devons travailler sur l’estime de soi et l’acceptation de son identité. Il faut aider les femmes à comprendre qu’elles sont belles telles qu’elles sont. Leur demander simplement d’arrêter ne suffira pas ; il faut les accompagner, les écouter et leur proposer des alternatives crédibles. »

Un engagement collectif pour un avenir plus sain

À travers cet atelier, l’ANGD réaffirme sa volonté de renforcer la sensibilisation des populations sur les dangers du mercure et de promouvoir des solutions durables pour protéger la santé publique et l’environnement.
La mobilisation des leaders religieux, des professionnels de santé, des douaniers, des associations féminines, des ONG et des acteurs communautaires constitue un levier essentiel pour faire évoluer les comportements et réduire progressivement l’exposition des populations aux produits contenant du mercure.

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