le 27 juin 2026 à Anjouan, dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation sur les dangers du mercure, l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGD), en collaboration avec ses partenaires Gef/PNUD à travers le projet ISLANDS, a organisé, samedi 27 juin à l’Hôtel des Îles, un atelier réunissant des professionnels de santé, des représentants des institutions publiques, de la société civile, des organisations de femmes, des autorités religieuses et des médias.
L’objectif de cette rencontre était de renforcer les connaissances des participants sur les risques sanitaires et environnementaux liés au mercure, en particulier ceux associés aux produits cosmétiques éclaircissants et aux amalgames dentaires, tout en recueillant leurs recommandations afin de renforcer les actions de prévention et de sensibilisation à l’échelle nationale.
Les échanges ont été marqués par plusieurs témoignages illustrant les conséquences concrètes de l’exposition au mercure.
Le Dr Djamal, major du service de dentisterie de l’hôpital de Hombo, a salué une initiative « très enrichissante ». Il a expliqué que, dans sa pratique quotidienne, il observe régulièrement chez des patientes des taches noires, des lésions cutanées et d’autres affections dont l’origine restait parfois difficile à expliquer. « Les échanges de cette journée m’ont permis de mieux comprendre le lien possible entre ces manifestations et l’exposition au mercure », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que certains amalgames dentaires contiennent du mercure et a plaidé pour le recours progressif à des matériaux de substitution plus sûrs.
Le Dr Nakia, chirurgien-dentiste, a pour sa part insisté sur la nécessité d’accompagner la transition vers des alternatives sans mercure dans les soins dentaires. Il a souligné que cette évolution doit s’appuyer sur la formation des professionnels et sur une meilleure information du public.
L’un des témoignages les plus marquants est venu de Mme Nathra, contrôleure au sein de l’association AFAM. Elle a raconté qu’à l’approche de son mariage, son entourage l’avait encouragée à utiliser des produits éclaircissants afin de paraître « plus belle ». Après une courte période d’utilisation, elle a développé des taches sombres sous les yeux qui persistent encore aujourd’hui. « Je suis désormais obligée de les camoufler avec du fond de teint », a-t-elle confié, illustrant les conséquences parfois durables de ces produits et la pression sociale qui pousse de nombreuses femmes à les utiliser.
À l’issue de l’atelier, les participants ont recommandé de renforcer les campagnes de sensibilisation dans toutes les régions du pays, de promouvoir les produits locaux et naturels comme alternatives aux produits contenant du mercure, de renforcer le contrôle de l’importation des produits dangereux en collaboration avec les services des douanes, ainsi que de multiplier les actions de proximité à travers les médias, les affiches, les campagnes de terrain et les grands rassemblements communautaires, notamment les cérémonies de mariage, afin de mieux informer la population sur les dangers du mercure.



